Nos alliés les oiseaux

Introduction

Tout bon pêcheur doit se fondre dans son environnement pour retrouver son instinct de prédateur. Observer le comportement des oiseaux, écouter leurs chants, sentir le vent, connaître l’heure de marée et la puissance du courant, appréhender le sens et la vitesse de sa dérive, interpréter les reflets du soleil, la couleur de l’eau, la houle, repérer les palangres et les chaluts, sont des atouts maître pour pénétrer progressivement l’écosystème tout entier.

Les oiseaux ont toujours été des alliés précieux pour les pêcheurs. Ils sont incontestablement notre première source d’information, pour une raison très simple : comme le pêcheur ils recherchent le poisson.

Observer le comportement d’une mouette, surveiller les plongeons des sternes, admirer le fou de bassan replier ses ailes avant de s’enfoncer plusieurs mètres sous l’eau, scruter le regroupement des cormorans, repérer une aigrette attendre sur la plage, vous permettront d’augmenter considérablement vos résultats de pêche.

Les principaux oiseaux à observer

Les mouettes

Les mouettes sont très souvent confondues avec les goélands et il faut avoir l’oeil pour distinguer ces deux espèces d’oiseaux. Ils appartiennent tous les deux à la famille des Laridés mais leurs caractéristiques sont différentes. Coté mouette, l’espèce la plus répandue sur nos côtes est la mouette rieuse, qui tient son nom de son cri, semblable à un ricanement. Chez les goélands, deux espèces prédominent en France : le goéland argenté et le goéland leucophée. Ces trois animaux ont un plumage similaire : des plumes blanches recouvertes d’ailes grises.

Les mouettes avec un bec plus fin et sont plus petites que les goélands. La taille des premières est d’environ 30 cm, tandis que celles des goélands avoisine les 70 cm. Le bec du goéland est jaune avec une petite tâche rouge sur la partie inférieure. Les mouettes rieuses ont une tâche noire à l’arrière de l’oeil. Le bec et les pattes sont jaunâtres chez les juvéniles puis rougeâtres chez les adultes.

Les mouettes émettent des cris rauques, semblables à des ricanements plus ou moins longs. Le goéland raille ou pleure, ses cris ressemblent à des gémissements.

Chant de la mouette rieuse
Cri du goëland

Pour les pêcheurs, il est très important d’observer le comportement des mouettes. C’est un oiseau opportuniste qui peut se nourrir d’une multitude de petites proies sur l’estran comme en pleine mer. Elle est particulièrement douée pour repérer les bancs de sprats qui forment des boules serrées, souvent vers la côte, à la belle saison. Elle ne peut pas plonger profondément et choisit des boules de sprats se déplaçant au plus près de la surface.

C’est une information précieuse, car lorsque les sprats ou d’autres espèces de petits poissons, viennent friser la surface de l’eau, c’est souvent parce qu’ils sont poussés par des carnassiers. Les bars encerclent fréquemment les boules de sprats pour les entrainer et les coincer vers la surface avant de les attaquer.

Une mouette qui plonge est un signe annonciateur : les sprats sont présents et les bars tournent autour et en-dessous.

Les oiseaux posés sur l’eau sont rarement rassemblés pour rien. Si les mouettes ne plongent pas c’est que la nourriture est encore trop profonde. Il est important de garder un oeil sur les oiseaux flottants, car à tout moment, ils peuvent prendre leur envol et commencer à plonger. Il est inutile de les effrayer prématurément.

Le long des plages, au crépuscule, un seul plongeon de mouette peut permettre de localiser un banc de maquereaux, chinchards et de bars regroupés sous le poisson fourrage ou à la recherche de lançons.

Les sternes

Ainsi appelées les hirondelles des mers, ces petits oiseaux marins sont présents sur toutes les mers du globe. ll s’agit d’oiseaux classiques de la famille des Laridés très présents sur notre littoral. Plus graciles que les mouettes et les goélands, elles présentent une silhouette élancée, pattes palmée, bec allongé, pointu et coloré (rouge, jaune ou noir), ailes longues et fines et queue profondément échancrée comme les hirondelles. Leur tête revête une calotte noire, plumage blanc sur le ventre et gris cendré sur le dos.

Pour repérer sa cible, l’oiseau survole l’eau ou fait du sur-place puis, effectue un plongeon vertical spectaculaire pour capturer sa proie. Incontestablement des championnes du plongeon.

Le pêcheur pourra les observer volant rapidement au-dessus de l’eau et plonger, mais il est plus difficile d’interpréter les informations qu’elles nous donnent. Les sternes sont beaucoup plus douées pour le plongeon que les mouettes, elles n’hésitent pas à plonger pour attraper un poisson parmi seulement quelques congénères alors que les mouettes ne plongent que dans des bancs importants et concentrés près de la surface. Cela veut dire qu’il n’est pas toujours nécessaire de poursuivre le plongeon d’une sterne, car cette dernière, bien souvent, ne signale rien d’autres que la présence de quelques petits poissons isolés. Fiez vous davantage au comportement des mouettes que des sternes.

Néanmoins, certains soirs, une sterne peut signaler du poisson là ou les autres oiseaux n’avaient rien vu et lorsque de nombreuses sternes sont regroupées et plongent simultanément, c’est souvent le signe d’un très gros banc de poissons.

Le fou de bassan

Cet oiseau magnifique, au plumage d’un blanc éclatant a la tête et le cou jaune pâle. Ses yeux sont gris clair cerclés de bleu. Son bec en forme de poignard et soulignées de lignes noires qui se prolongent par un masque noir autour des yeux. Le bout de ses longues ailes étroites est noir. Ses pattes sont palmées.

Le fou de bassan tire son nom de son comportement. Il repère les bancs de poissons au vol, pique d’une hauteur de 30 mètres, adopte une posture aérodynamique lui permettant de rentrer dans l’eau à 100 Km/h sans se blesser jusqu’à 7 mètres de profondeur sous le banc de poissons. Il capture sa proie en traversant le banc lors de sa remontée vers la surface. Son nom de « fou » fut attribué par des pêcheurs écossais surpris par ces plongeons spectaculaires et à première vue insensés. En vol c’est un très bon planeur, capable de parcourir jusqu’à 200 Km pour aller pêcher. D’un point de vue esthétique, c’est l’une des plus belles observations naturalistes de nos côtes.

Surtout présent en haute mer, ce gros oiseau d’une envergure de 1,80 m, n’est que rarement visible depuis la côte. Il préfère survoler la mer à la recherche de poissons de bonne taille, en particulier les maquereaux.

Pour le pêcheur, l’information à tirer d’un tel plongeon est la présence d’un banc de maquereaux.

Le cormoran huppé et le grand cormoran

Les cormorans sont des oiseaux aquatiques, de taille moyenne (45 à 100 cm), au corps allongé, au long cou et au bec puissant et crochu. ils arborent généralement un plumage noir et un long cou flexible. Ils sont très fréquents sur notre littoral.

Ce sont des oiseaux pêcheurs, mais leur technique de pêche est totalement différente. Très à l’aise sous l’eau, il peut nager en apnée jusqu’à une quarantaine de mètres de profondeur pendant plus de deux minutes. Il se déplace sous l’eau avec vélocité afin de capturer ses proies. Il pique très bien jusqu’à 100 Km/h.

Pour le pêcheur, il est très important d’observer le comportement du cormoran. Lorsqu’il est seul et avance le long de la côte, en regardant dans l’eau et en plongeant avec régularité, mais sans stationner sur un poste en particulier, il est en prospection. En revanche, sur une plage, un regroupement de cormorans qui plongent à répétition signale la présence d’un important banc de poissons fourrage, souvent des sprats, avec potentiellement des poissons prédateurs en nombre aux alentours.

L’aigrette garzette

L’aigrette garzette est entièrement blanche avec un bec noir légèrement gris bleuté et ses pattes sont noires avec des doigts jaunes. Ces oiseaux haut-perchés sur leurs longues pattes recherchent des poissons dans un environnement aquatique de faible profondeur. Cet oiseau aime beaucoup la zone de balancement des marées pour se nourrir de gobies ou de lançons. Ils demeurent immobiles ou avançant lentement pour ne pas faire peur aux poissons. Quant la proie est aperçue, l’aigrette étend son long cou dans un mouvement très rapide et la proie se trouve coincée dans le long bec adapté pour ce type de pêche.

Pour les pêcheurs, lorsque l’aigrette se promène dans les mares de l’estran à la recherche de gobies ou de petits crustacés, elle n’apporte pas beaucoup d’informations. En revanche, lorsqu’on la voit sur le sable, en fin de jusant, en bordure de plage, c’est une information primordiale qui indique la présence des lançons. Véritable délice pour les bars.

Lorsque les lançons viennent s’enfouir dans le sable d’une plage à marée basse, tous leurs prédateurs bars, maquereaux, chinchards se mettent à table.

Sources d’information : Wikipédia, Pêche en mer Juillet 2019

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